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13/09/2008

Cinéma:PLEINS FEUX SUR ROUBEN MAMOULIAN par Virgine Tarpinyan

rouben mamoulian visage.jpg(ou le génie créateur à l’âge d’or de Hollywood)
à l’occasion de la sortie du documentaire sous format DVD
réalisé par Patrick Cazals « L’âge d’or de Brodway et de Hollywood »
Nous publions avec plaisir, l’article très intéressant que nous a envoyé Virginie Tarpinyan qui dans le cadre de ses études a étudié certains thèmes que le célèbre metteur en scène arménien a réalisé. Virginie est entrée en contact avec le réalisateur du film et du DVD qui a eu la grande gentillesse de répondre à ses questions. Virginie Tarpinyan a étudié avec Michel Ciment l’histoire du cinéma américain. Aujourd'hui Michel Ciment est le rédacteur en chef du magazine de cinéma « Positif » et  il est renommé dans le domaine du cinéma.

Nous invitons les Armenblogers, a lire son article et a lui transmettre leurs impressions, elle en sera ravie.

écrivez lui à : tarpinyan.virginie@neuf.fr

cliquez sur "lire la suite" pour accéder à son article et à un extrait du film "Dr. Jekyll and Mr. Hyde 1932 Transformations".


PLEINS FEUX SUR ROUBEN MAMOULIAN

bayrakdarian in dress.jpgUne très belle rétrospective avait été organisée dans le cadre de l’année de l’Arménie en hommage du prestigieux et talentueux cinéaste Rouben Mamoulian à la cinémathèque française de Paris (en avril-mai 2007 dernier). On pouvait voir dans la programmation des films, un documentaire remarquable sur le grand cinéaste réalisé par Patrick Casals intitulé « L’âge d’or de Brodway et de Hollywood ». Ce documentaire est aujourd’hui disponible car la société de production et édition des films du Horla a eu l’idée originale de l’éditer sous format DVD pour le plus grand plaisir des cinéphiles. Pour ceux qui n’avaient pas pu se rendre à la cinémathèque, c’est l’occasion inespérée de se le procurer.  A noter en même temps la sortie d’un DVD sur Sergueï Paradjanov, autre grande figure du cinéma arménien.


Pour en revenir à Rouben Mamoulian, les qualificatifs étaient nombreux pour le décrire : innovateur, créateur, cultivé, audacieux,  drôle, inventif, homme aux talents multiples, romantique, esthète, élégant, exigeant et minutieux. Celui qui a su le mieux immortaliser les grandes stars de Hollywood à l’écran (de Garbo, Dietrich, Gary Cooper, Tyrone Power, Frederic March, à Irenne Dunne etc.).

Qui ne se souvient pas des scènes et des plans sublimés devenus mythiques à l’écran, de la mystérieuse et divine Greta Garbo (scène du réveil de la reine dans l’auberge, gros plan de la scène sur le navire) dans la Reine Christine (1933), de Gary Cooper et Sylvia Sidney sur la plage dans « les Carrefours de la ville » (1931), ou encore de l’élégance de Maurice Chevalier dans « Aimez-moi ce soir » et enfin des transformations terrifiantes du Docteur Jekyll dans « Docteur Jekyll et Mr Hide » (1931).

Né le 8 octobre 1898 à Tbilissi (ancienne capitale de la Géorgie) à l’époque 60% des habitants de Tiflis sont arméniens, Rouben est très tôt baigné dans son milieu culturel arménien d’origine. Il démarre très tôt dans le genre théâtral avec la comédie. Mais sa vraie carrière est lancée vers la fin des années 1910 au théâtre des Arts de Moscou puis sur les scènes de Londres enfin pour travailler à l’école de théâtre Georges Eastman où il devient Directeur et à Brodway (parrainé par le Théâtre Guild). En 1927, en dirigeant des acteurs noirs dans « Porgy » de Dubose et Dorothy Heyward le public est conquis, ne serait-ce que par la mise en scène originale et la qualité musicale inspirant par là même Gerschwin à l’opéra. Il dirige également « Marco Millions » de Eugène O’Neill.

Avec l’apparition du parlant, les studios Paramount s’intéressent à lui. Rouben est alors prêt à diriger : il s’affirme alors dans un style très personnel, transpose au cinéma des éléments du milieu théâtral, joue sur l’artifice, le monde des rituels et le burlesque dans « Applause » (1929), comédie musicale mélodramatique dans les milieux du music-hall. Il donne un effet de mobilité innovateur du point de vue technique (caméra roulant sur des chariots à pneu).

Autre domaine dans lequel il excelle, est cette capacité, propre aux personnages complexes qu’il expose dans certains de ces films, à établir une correspondance entre le monde extérieur et le monde intérieur, reflet de la psychologie de ses personnages : par exemple : le thème de la dualité très nettement suggéré dans les premières scènes du film du Docteur Jekyll ou encore le monologue intérieur de Sylvia Sidney dans « les carrefours de la ville ».

Il utilise le son également de manière non réaliste (les battements du cœur du Docteur Jekyll, les commentaires des personnages en voix-off en écho).

Il fait un grand succès avec « Arènes sanglantes », où il superpose les images à l’instar des tableaux. Il transpose à l’écran « Résurrection » (tiré de l’œuvre de Tolstoï), où apparaît aussi son amour des rituels (rituels arménien religieux de Pâques) et Becky Sharp (« la Foire aux Vanités » de Tackeray) premier film tourné en Technicolor trichrome.

Constamment, musicien dans l’âme, il fait appel au rythme, véritable respiration de ses films telle une chanson qui passe d’une personne à une autre (dans « Aimez-moi ce soir »), comme les broderies que les femmes à Tiflis s’échangeaient d’une main à une autre.

Lui, qui sait magnifier également la beauté des scènes, des personnages, des costumes comme des tableaux inspirés des grands peintres espagnols (Furie de l’or noir, Signe de Zorro, Arènes sanglantes, films à succès).

Ses deux dernières œuvres seront des musicals genre «Belle jeunesse » et « la Belle de Moscou ».

Rouben Mamoulian, cinéaste grand poète en son temps, était un homme de spectacle maniant le rythme et la musique avec dextérité à l’apogée de l’époque des stars d’Hollywood qu’il a su si bien immortaliser à l’écran. Pourtant, le nombre de films dont il est à l’origine est assez faible (16 en totalité).

Les proches de Rouben Mamoulian disaient de lui que c’était un érudit, capable de traduire des vers de Racine. Celui qui a influencé Henri Verneuil dans sa vocation. Il savait aussi mieux que quiconque insuffler de l’amour à ses personnages. Fil conducteur de son œuvre, belle leçon qu’il tenait de sa grand-mère arménienne. Innovateur du son et de la couleur. Magicien en son temps. Cléopâtre, un des derniers films qu’il avait commencé est resté inachevé par lui, repris par Joseph L. Mankiewicz. Il laissera derrière lui une œuvre magistrale, d’une grande beauté, mystérieuse par certains aspects comme ces chats qu’il aimait tant et des personnages mythiques marquant à jamais le cinéma Hollywoodien. Il s’éteindra à Woodland Hills en 1987.

Pour tous les passionnés du grand Art, le documentaire de Patrick Casals est une mine d’information : enrichie de manière originale d’archives, de photos, d’entretiens et d’extraits de films marquant le fabuleux génie créateur du grand cinéaste arménien. Un très bel hommage, un documentaire riche et très intéressant. Une très bonne idée de cadeau pour les fêtes.

Virginie Tarpinyan

Renseignements
sur le DVD« L’âge d’or de Brodway et de Hollywood »  :
Les Films du Horla
15, rue Laugier
95100 ARGENTEUIL
Tél : 01 39 47 66 48
E-mail : filmsduhorla@free.fr

Dr. Jekyll and Mr. Hyde 1932 Transformations (extraits)

Commentaires

vient de commander grâce à vous 2 dvd
sur
http://www.lesfilmsduhorla.com/dvd.html


ROUBEN MAMOULIAN, L’ÂGE D’OR DE BROADWAY ET
HOLLYWOOD
et
SERGUEÏ PARADJANOV, LE REBELLE



1] ROUBEN MAMOULIAN,
L’ÂGE D’OR DE BROADWAY ET HOLLYWOOD. 63 min

Cinéaste d’origine arménienne, né à Tbilissi en 1898, mort en
Décembre 1987, Rouben Mamoulian est l’un des pionniers du
théâtre Musical de Broadway (Porgy and Bess , Okhlahoma,
Carousel, Lost in the stars) et de l’âge d’or des studios
d’Hollywood.
Il donna leurs plus beaux rôles à Greta Garbo (La Reine
Christine), Maurice Chevalier (Love me tonight) mais aussi à
Marlène Dietrich (Cantique d’Amour), Gary Cooper (City Streets),
Cyd Charisse (La Belle de Moscou), créa d’étonnants Zorro et
Docteur Jekyll et enrichit le cinéma naissant de ses audaces et
inventions.
Grace aux tournages effectués aux USA, en Géorgie et en France,
aux archives personnelles inédites du cinéaste et aux
témoignages recueillis, ce film est un document rare pour
l’Histoire du Cinéma.


Complément de programme:

LES ARCHIVES MAMOULIAN. 10 min

En 1977 , Rouben Mamoulian décide de confier l’ensemble de
ses archives personnelles à la Library of Congress de
Washington. Alice Lotvin Birney, responsable des manuscrits
d’artistes dans cette grande institution évoque cette cession et
le soin tout particulier que le cinéaste apporta à la préparation
de sa future collection. De nombreux documents illustrent
l’entretien.


ROUBEN MAMOULIAN LE NOVATEUR. 19 min

Les audaces techniques et les apports décisifs de Rouben
Mamoulian au langage cinématographique sont souvent
méconnus. A travers le témoignage de Christian Viviani,
historien du cinéma américain et de la comédie musicale, du
cinéaste Henri Verneuil mais aussi grace aux propres archives et
textes de Rouben Mamoulian, le réalisateur de La Reine
Christine s’affirme comme un vrai novateur.


2] SERGUEÏ PARADJANOV, LE REBELLE. 52 min

Cinéaste arménien et géorgien, né à Tbilissi (Géorgie) le 9 Janvier
1924, mort le 20 Juillet 1990 à Erevan (Géorgie), Sergueï
Paradjanov est considéré comme l’un des grands cinéastes
contemporains.
Sa mise à l’écart des studios et ses emprisonnements par le
pouvoir soviétique, notamment pour homosexualité, on
fortement marqué sa carrière.
Il laisse une œuvre inachevée mais essentielle pour l’histoire du
cinéma russe et soviétique car très originale et représentative de
la richesse ethnique de la Transcaucasie.
Réalisé dans sa demeure étrange de Tbilissi, atelier et splendide
capharnaüm, mais aussi sur le tournage de son dernier film
Achik Kérib, au Musée Paradjanov d’Erevan, à Paris comme à
Tbilissi, ce portrait d’un homme meurtri mais farouchement
libre s’attache aussi aux talents parallèles du cinéaste (peintre,
décorateur, styliste…)

Avec les témoignages de : Sergueï Paradjanov, Sofiko
Tchiaourelli, Edouard Chevardnadzé, Sarkis, Yuri Metchitov, Jean
Radvanyi, Pierre Bergé, Zaven Sargsyan.


Complément de programme:

LA MUSE ET LE MAGICIEN. 13 min

Actrice-muse de Sergueï Paradjanov - sa composition dans
Sayat Nova – Couleur de la Grenade est décisive pour le film –
Sofiko Tchiaourelli est la fille du réalisateur Mikaël Tchiaourelli
(très impliqué dans le cinéma soviétique sous le régime de
Staline) et de la comédienne Veriko Andzaparidzé.
Créatrice d’un théâtre de poche installé dans sa demeure, Sofiko
Tchiaourelli témoigne dans ce document de sa complicité avec
Paradjanov.
C’est là l’un de ses derniers entretiens avant son décès en
Février 2008.


LA MAISON-THEATRE DE TBILISSI. 12 min

Dans cet entretien inédit, Paradjanov évoque l’histoire de sa
demeure de Tbilissi, ses origines familiales, sa rencontre avec
Lily Brik et le scénario de son dernier film Confession dont le
tournage sera arrêté au bout de trois jours suite à ses
problèmes de santé. Des images de ses albums-photos et des
portraits du cinéaste complètent ce document.

Écrit par : Merci | 13/09/2008

Bonne journée! qualitativement certains documents, de photographies et de corriger syllabe sur tout ce qu'il vous faut pour une intéressante et passionnante histoire!

Écrit par : ed remedies | 24/11/2008

tous bonne journée. C'était très intéressant de lire vos commentaires. de superbes films

Écrit par : ED Natural Cures | 22/11/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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